L’association que j’ai créée
Bonjour à tous,
Je vous adresse un petit mot pour vous expliquer davantage le but de l’association auquel je réfléchis.
Le but est de vous embarquer dans l’aventure qui démarre mais qui continue aussi.
J’ai de nombreux projets en caisse et en cours et je vous envoie en complément une forme de résumé qui vous offre un aperçu de tout cela.
Mon constat, c’est que j’ai beaucoup travaillé sur le terrain, le plus souvent avec
des personnes qui n’étaient pas des enseignants chercheurs, et avec qui j’ai
partagé le travail. J’ai parfois organisé des restitutions, ce n’était pas
toujours aisé ou consensuel. Souvent, j’ai utilisé ce travail d’enquête qui
passe principalement par des visites, du temps passé avec les personnes et des
entretiens, pour en faire des articles de recherche qui paraissent dans des
revues savantes, souvent en anglais d’ailleurs.
Aujourd’hui je prends acte d’un manque dont je suis consciente depuis le début : il n’y a pas de place pour la forme d’écriture et les images que je souhaiterais
présenter à ma manière, sans préjuger de leur qualité. C’est cela en tout cas
que j’aimerais partager avec les personnes qui m’invitent à partager leur
quotidien ou qui me servent de guide, en m’apprenant ce qu’elles savent alors
que je ne leur réponds finalement rien. Il suffit juste maintenant de prendre
ce temps de la construction d’une autre chronique qui resterait, plutôt que de
passer le plus clair de mon temps et de mes efforts à répondre aux exigences
académiques de ma profession. Moi-même, je respecte la recherche académique et les revues savantes, cela m’apporte énormément de pouvoir travailler dans ce
cadre. Mais au stade confirmé où j’en suis, je ne peux plus négliger l’aspect
plus immédiat, plus sensible, plus esthétique, de l’expérience de terrain qui
explique aussi le choix des sujets que j’aborde.
Bon nombre de chercheurs ont qualifié la recherche qu’ils font et que je fais
d’engagée ou de critique, ce qui ne me convient pas. Je préfère décrire le
travail que je vais faire dans le cadre de Lemmes, que j’officialise à travers
vous, pour m’appuyer, comme un dispositif expérimental, ce qui me permet de
choisir la forme d’exposition, de représentation plutôt que d’entrer dans le
cadre prédéfini des articles de recherche. C’est la raison pour laquelle je ne
choisis pas a priori d’un réceptacle comme un site ou une page. Je viens de
récupérer les 360 pages de texte de mon site en ligne La Fileuse. Je pense
qu’il y a une nouvelle façon de travailler ces thèmes, d’autant que je
travaille encore sur des sujets centraux que j’abordais déjà comme l’espace
public et partagé, la couture et les pêcheurs.
Pour moi, en principe, le travail en cours en ce moment consiste en un recensement
de tous les textes écrits ou à écrire, des formes (images, sons) qui les accompagnent
ou pourraient les accompagner et d’idées pour les partager sous une forme ou
sous une autre, par exemple, je prépare un podcast sur une coopérative. Par la
suite, je me propose de toujours conserver une part du temps de travail durant
la collecte et jusqu’au moment du codage des données et de l’écriture pour
cette écriture nouvelle, pour le dispositif expérimental d’une forme.
Je me pose plusieurs questions, encore à résoudre : comment restituer aux
acteurs de terrain et les amener à partager leur histoire par le prisme de
cette écriture ? Quel format choisir pour le partager plus
facilement ? Des samizdats, des éditions originales, des photocopies, des
revues ou des livres, comme l’avait fait Cause Commune, par exemple, ou encore
des expositions, des rencontres, des débats , des performances ? Comment
conserver des traces et où les déposer ?
Pourquoi
faites-vous partie de l’association, à quoi participez-vous et que pouvez-vous
faire à ce stade ? Je ne prétends pas en décider pour vous. J’ai quelques
idées. Vous pouvez ou bien me proposer de participer à des projets d’écriture,
ou bien m’inviter sur des terrains qui vous intéresseraient, ou bien me
présenter des personnes qui pourraient travailler avec nous, ou bien partager
des conversations ou des bons moments…
C’est
à la fois un départ, donc une aventure, et un chantier qu’il faut creuser plus
profond. C’est la raison pour laquelle j’ai besoin d’échanger avec vous, votre
participation m’est précieuse, comme l’affectio societatis de l’association. Je
verrai plusieurs d’entre vous dans les jours qui viennent mais pourquoi ne pas
prévoir une réunion de refondation (puisque l’association a déjà été fondée)
d’ici le mois de mars ? A vos agendas, suggérez-moi des idées.
A
très bientôt et merci encore à tous et toutes pour votre précieux soutien.
Elen
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